DE VOUS AIEUX, en passant par moi !

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Epidémies

Depuis  des millénaires, l'homme a côtoyé la maladie.   Mais lorsque  ces maladies  deviennent épidémiques voire pandémiques, elles se transforment en véritables fléaux.

Ce qui serait intolérable pour nous aujourd'hui à accepter , les épidémies et leurs millions de morts à l'échelle de l'humanité et de l'histoire, faisaient partie du quotidien de nos ancêtres.

Le rapport à la mort devait de fait s'en trouver modifié.

Tout généalogiste a été ou sera  confronté dans ses recherches à ces crises cycliques.

Ainsi, une famille décimée en quelques jours devra nous interpeller sur la nature de la crise qui a conduit à cette hécatombe.

Un nombre anormalement élevé de décès devra également attirer notre attention et attiser notre curiosité.

Par chance,  le curé de la paroisse, tel un chroniqueur, aura laissé parfois une mention insolite dans son registre qui nous révélera la nature de l'épidémie.

 

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AD01 Les Neyrolles BMS 1577-1641 Vue8

 

Comme nous l'avons indiqué plus haut, ces pandémies ont été récurrentes et sont connues des démographes. Elles ont affecté les populations depuis l'Antiquité.

Historiquement, plusieurs  facteurs ont contribué à la propagation des épidémies : l'absence d'hygiène et de prophylaxie,  l'ignorance de la médecine de l'époque,  l'augmentation démographique, les échanges commerciaux et les déplacements de population sans oublier les conflits.

Et les maladies auxquelles sont confrontées nos ancêtres sont légions :


La peste évidepeste610.gifmment qui s'invite périodiquement entre 1300 et 1670. "Ainsi, la peste noire de 1347–1352 a profondément marqué l'Europe en exterminant 25 % à 50 % de la population européenne. La population française quant à elle chuta de 41 % sur la même période faisant 7 millions de victimes sur les 17 millions de Français de l'époque."

La population  du Moyen-Age désemparée accepte, résignée la situation comme une punition divine ou recherche des bouc-émissaires en accusant les Juifs d'être à l'origine de la contamination.

                                                                                                                     Les médecins de la peste

 

Selon diverses études, la peste aurait fait entre  2 000 000 et plus de 3 000 000 de morts  sur la période 1600/1670. Toujours endémique, après un répit d'une cinquantaine d'année, elle fera sa réapparition vers 1720 pour disparaitre à nouveau. Alors que l'on ne l'attendait plus, elle fit encore parler d'elle à Paris en 1920 chez les chiffonniers de la capitale.

Tous les lieux-dits appelés "maladrerie" sont là pour nous rappeler que la lèpre   a sévit dans le royaume de France jusqu'au début du 15ème siècle.

Mais, au cours de l'histoire, bien d'autres maladies à forte mortalité et  inconnues à l'époque, ont pu être qualifiées de peste.......

Ainsi la grippe qui, de façon saisonnière  vient nous rendre encore visite et qui semble être l'apanage des militaires sous le sobriquet de "suette militaire".

Nous pourrions parler pareillement , des épidémies de dysenterie, de typhus, de fièvre typhoïde qui sévissent sous le doux nom de"fièvres putrides ou malignes".

Et lorsqu' une maladie disparait, une autre vient la remplacer.

Des maladies dites "infantiles comme la rougeole font des ravages jusqu'en dans les années 1900/1910.

On a du mal à croire aujourd'hui  que le paludisme n'a été éradiqué en France que dans les années 1960 et qu'il faisait de fréquentes incursions  sous diverses appellations : fièvres intermittentes, fièvre maremmatique, palustre, tierce ou quarte....

Sous la dénomination "pourpre", on retrouvera toutes les affections à boutons ou taches rougeâtres sans qu'on puisse à postériori les identifier précisément.

Contrairement à la croyance populaire, la palme et le triste record en terme de décès occasionnés, revient à la variole ou "petite vérole" qui, au XVIIIème siècle tuera deux fois plus que la peste occasionnant 50 à 80 000 décès par an  jusqu'à la découverte de la vaccine par Jenner en 1796.

Malgré une vaccination massive, la variole fera de la résistance pour réapparaitre vers 1850 mais surtout après la guerre de 1870.

 


Le XIXème Cholera.jpgsiècle est surtout marqué quant à lui par le retour en force de la tuberculose qui va toucher particulièrement les classes populaires notamment en ville. Mais l'épidémie emblématique de ce siècle restera sans conteste en France et en Europe le choléra qui s'invite à 4 reprises : 1832 /1835, 1848 /1849, 1853/1854 puis 1885. On en retrouvera inévitablement les traces dans les registres d'Etat-Civil. L'épidémie de choléra  de 1854 fut sans nul doute la plus meurtrière avec 150 000 morts dont 11 000 parisiens....

L'eau contaminée étant à l'origine de la transmission de la maladie, un besoin d'hygiène croissant se fera sentir et l'Etat encouragera la construction de lavoirs dans les communes principalement après l'épidémie de 1849.

Mais la pandémie qui reste encore dans la mémoire collective est celle de la "grippe espagnole" qui frappe en 1918/1919. A elle seule, elle fut plus meurtrière que la Première Guerre Mondiale.


La mise au point de nouveaux vaccins conjugués à une politique de prévention et à  la découverte de nouveaux moyens thérapeutiques comme les antibiotiques et les sulfamides permettront d'enrayer ces maladies infectieuses.

 

Mais ont elles disparues pour autant ? De France vraisemblablement même si certains cas sporadiques de variole viennent parfois nous rappeler qu'elle reste tapie dans l'ombre. Avec la précarité , la tuberculose réapparait aujourd'hui dans notre pays. A quand la prochaine pandémie que nous promettent régulièrement les spécialistes de l'OMS ? Sommes nous armés pour l'affronter ?

 

N'ayant pas les compétences nécessaires pour répondre à ces questions, je me contenterai d'attendre.....

 

 Source 

 

Cet article a été rédigé grâce à l'excellent dossier sur les crises démographiques de la Revue "Votre Généalogie" N° 60  d'Avril/ Mai 2014

Le généalogiste pourra également s'appuyer sur le "guide chrono-thématique Contexte" de Thierry Sabot et sur son récent ouvrage Nos ancêtres et la peste " fuit vite, loin et s'en revenir tard", collection Théma-Histoire & Généalogie, Edition Thisa.

Enfin, pour avoir des points de repère, ne pas hésiter de consulter le site " Epidémies et famines en Fance"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



05/06/2014
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